top of page

Venray - Course 3 - 17 & 18 Août 2019

Pour le dernier week-end de course de mon année 2019, j’aborde psychologiquement les deux courses avec envie, stress et émotion.

Envie parce que la perspective d’avoir des rendez-vous mensuels avec la course m’apaise…  Même si j’ai du mal à suivre pour faire les résumés, regrouper les photos des photographes sur place et partager les vidéos des roulages et traduire les articles allemands!…!

Stress parce que c’est  nécessaire de faire de bons résultats pour l’équipe et aussi d’être efficace au bon moment car il faut transformer chaque roulage en confirmation pour être crédible dans ma recherche de sponsors qui ne s’arrête jamais. 

Emotion parce que je vais quitter le circuit, l’équipe, la voiture et aborder un virage à 360° pour mes études à Tilburg. On reste aux Pays-Bas, sans même passer par la case retour en France après la dernière course… Jusqu’à Noël. Ce n’est pas pour me déplaire mais c’est un changement important quand même… 

La première course commence sous une pluie fine, glissante à souhait, avec des pneus slicks… tout ce que j’aime n’est-ce pas?!! La bonne surprise, c’est que la voiture est stable. Je peux attaquer, tenter des choses et travailler sur la ligne intérieure comme sur la ligne extérieure… Après un début de course sous la pression du #2, à chercher mes marques et un sauvetage miraculeux après avoir un peu trop poussé la voiture, je me reconcentre et trouve mes repères pour regagner la première place… Et faire attention de ne pas me refaire dépasser jusque dans le dernier virage… Photo finish à l’appui, j’ai pu résister au retour du #61 revenant à toute vitesse en fin de course… J’ai eu un saut au coeur ou 2 quand j’ai vu son nez pointer devant le pare-choc de ma #22 à une centaine de mètre de l’arrivée… Mais j’ai résisté  et j’ai trouvé mon bonheur sur la Victory Lane!!

La deuxième course commence sous le sec, tout ce j’aime... vraiment ! La mauvaise surprise, c’est que le comportement de la voiture s’est détérioré… C’est le monde à l’envers! Elle devient capricieuse et j’ai bien du mal à deviner ce qu’elle me réserve à chaque accélération. Je peux résister à mes poursuivants car j’arrive à la contraindre sur les freinages mais au prix d’efforts intenses pour la maintenir en sortie de virage. J’essaie de prendre soin de mes pneus et de mes températures au maximum… Et j’entends le bruit de mes adversaires très proches de moi… Les rétroviseurs m’offrent une vue imprenable sur la bagarre qui fait rage derrière moi…Un jour, Pat et Phil qui commentent la Nascar en France depuis près de 20 ans expliquaient que les pilotes regardaient dans leurs rétroviseurs 80% du temps… Il m’a bien fallu ma paire d’yeux, celles de Dominik (mon spotter), celles du rétroviseur intérieur et celles du rétroviseur extérieur pour contenir ceux qui cherchaient à doubler... Nous n’étions pas très loin de Liège et j’étais le bouchon… Effectivement, les temps au tour ne sont pas bons. Je remporte la course de justesse avec un peu de réussite, je frôle le mur sans gravité. Cela illustre bien une situation tendue au volant.

La deuxième course est différente. L’équipe a fait un boulot de dingue. Je suis allé m’isoler pour ne pas leur montrer l’énervement que je ressens envers moi. J’aborde cette deuxième course du dimanche sous le sec avec l’envie de me racheter. L’équipe a travaillé dur pour remettre la voiture en état de marche.

La première course du dimanche commence sous la pluie... de grosses gouttes qui trempent bien le circuit! Pourtant, je suis confiant, j’ai hâte d’y aller.  J’ai Philip derrière moi, mon coéquipier. Je sais que je vais pouvoir en profiter car il adore la pluie et qu’il a l’expérience du circuit dans ces conditions climatiques et que je vais pouvoir le suivre. Je réussis mon départ à merveille. Je bondis tel un lièvre à l’extérieur de la #2 et je laisse quasi tout le monde sur place. A tel point que je me retrouve de trois quart profil avec un mur qui passait par là… et bim le mur. Besoin de personne pour se planter. Je finis la course avant même d’avoir atteint le premier virage… et je m’échoue tel une baleine bleu blanc rouge dans l’herbe du circuit avant de rejoindre l’infield… Je me transforme en vache qui regarde passer le train des autres voitures qui s’éclatent. Je m’en veux un peu beaucoup. J’aurais aimé continuer sur ma lancée du Samedi et confirmer ma nouvelle attirance pour ces conditions mouillées...

La pluie est l’amie du dosage et là j’y suis allé mode bucheron canadien! Plus qu’un excès de confiance, c’est un excès d’impatience et sanction immédiate.

Marcel aura finalement réussi à me dépasser... Dans les stands!

48577649706_fbfe44ed33_o-1024x535.jpg
231 IMG_0486 MSL_Fotografie.JPG
68756258_742801072830370_450527342766535
315 IMG_1850 MSL_Fotografie.JPG
290 IMG_0543 MSL_Fotografie.JPG

La troisième course est à l’image la précédente. La lutte sur la piste est nouvelle pour moi car ce n’est plus une bataille contre les autres mais une bagarre entre ma voiture, moi et mon mental! Les temps sont toujours moyens. Les concurrents sont en pleine forme et les nerfs un peu moins. A défaut d’être rapide, il faut se concentrer pour être régulier. Le sans faute est demandé et la moindre erreur me fera perdre tout espoir... Chaque entrée de virage compte, je me remémore à chaque fois l’erreur qui m’a envoyé dans le mur en Juillet… Elle m’aura bien servi cette erreur car j’approche les virages à l’extérieur du tour 1 au tour 30 dans une trajectoire plus que défensive. Heureusement que j’ai ce recul pour savoir comment adapter mon freinage. Je me serais cru à Darlington!!!  Chaque sortie de virage compte aussi… Avec un comportement imprévisible, il faut redoubler de douceur pour ne pas survirer en sortie… J’ai pu tirer mon épingle du jeu et à nouveau remporter la course… J’ai le sourire! J’ai dû m’adapter et c’est une approche différente, éprouvante mais intéressante et passionnante… Il s’agit maintenant de travailler avec l’équipe sur le pourquoi du comment. 

Je suis heureux pour l’équipe et  content d’avoir été efficace sous la pluie. Bonnes sensations sur piste mouillée et les deux courses suivantes ont été couronnées de succès mais je crois que j’ai été chanceux. Quoi qu’il en soit, j’aime quand c’est compliqué… Je crois que là j’ai été servi et cela donne un goût particulier à chaque victoire!

281 IMG_0532 MSL_Fotografie.JPG
254 IMG_0511 MSL_Fotografie.JPG

La dernière course est moins compliquée. J’intègre le fait qu’il faut faire de mon mieux. Effectivement, la voiture est endommagée et malgré le travail de l’équipe, j’écoute  les consignes de Jens d’aborder les premiers tours prudemment conscient que si Jens me dit cela, c’est qu’il y a une raison. Je n’y vais pas en mode touriste les pieds en éventails mais je suis cautionneux. Je fais de mon mieux  pour marquer des points pour l’équipe mais sans pouvoir faire plus. Je me dis que j’aurais peut-être dû le faire dès la course 2 et assurer une 2ème place...  

Dominik, spotter rime avec haut le coeur!

68757167_2500694816820650_62980409622538

Les premiers tours se soldent par le sentiment que la voiture répond mais qu’il faut rester vigilent à ses réactions. Après être parti 6ème, je me retrouve 2ème derrière la #2. J’ai réussi à maintenir l’écart au jeu du trafic et je ne suis qu’à une demie seconde… L’écart reste stable, mais j’en veux plus. Je veux remonter et je cherche donc à pousser la voiture à l’image du week-end de Juillet. Je suis coupé dans mon élan, surpris lors d’un freinage, l’arrière de la voiture passe devant… Je sauve la voiture in-extremis avant de glisser à nouveau sur le patch extérieur poussiéreux du circuit de Venray… Je fais plus ample connaissance avec le mur rencontré plus tôt le matin… J’ai le look Cole Trickle et le comportement Cole Trickle et je n’aime pas trop cela. Abimer la voiture m’énerve et me manger le mur à répétition aussi. 

69516948_2502333233323475_24150467360126
754 IMG_2336 MSL_Fotografie.JPG
008 IMG_0335 MSL_Fotografie.JPG
444 IMG_0635 MSL_Fotografie.JPG

La voiture avait tiré le signal d’alarme à plusieurs reprises et m’avait avertie dès la veille. Je ne suis pas content d’avoir été négligent sur ce point. Est-ce que je suis capable de prendre le volant pour autre chose que pour chercher à gagner ? La NASCAR, c’est tout donner à 200% pour ne rien regretter et c’est mon approche… J’aurais aimé que l’issue soit différente mais je n’aime pas me contenter de ce que j’ai sans chercher à avoir plus… C’est un défaut ou une qualité mais c’est ce que je cherche, à comprendre la voiture et son setup et à toujours m’améliorer… Checkers or Wreckers comme on dit…!

J’échangerais à ce sujet avec Dirk, un des mécaniciens. Il me dit d’oublier la déception du Dimanche et de me souvenir des bons moments du Samedi et de ne garder que les bons résultats. Je garde ses paroles, confus entre joie et interrogation.

Nos émotions se confondent au moment de se dire au revoir. J’aide l’équipe à ranger le box et le camion pour éviter de penser au départ des parents ou aux courses… Certainement le moment le plus dur du week-end !

Merci à ma petite team, à mes mécanos, à Dominik, à ma voiture #22 et pardonne moi mon erreur. Merci au circuit Venray de m’avoir accepté et aux autres pilotes d’être ceux qu’ils sont. Vous m’avez apporté beaucoup. J’ai été surpris par la gentillesse des fans de LMV8. Le langage des signes a souvent remplacé celui des mots alors plein de <3 pour vous.

674 IMG_2184 MSL_Fotografie.JPG
562 IMG_2042 MSL_Fotografie.JPG

Merci Mr Bachor d’avoir pris soin de moi autant que de votre propre fils Philip. Philip et moi, nous avons fait un beau duo et j’aurais aimé que nous soyons ensemble sur le podium au moins une fois mais notre complémentarité à jouer un match alterné dans un mano à mano à la un jour c’est toi, un jour c’est moi, c’était aussi sympa. Ah j’allais oublier Dominik qui a été pour moi mes yeux et que j’ai fait un petit peu transpiré, je crois mais avec lequel j’ai partagé chaque seconde de course. Discret, toujours sur  les vidéos quand même (malgré lui) il est aussi efficace qu’il est calme (en apparence) et il a été précieux pour moi.

Un au revoir mais pas un adieu et si le mécénat existe, je retrouverais ma #22 un jour. Prenez soin d’elle et de vous.

Je ne vais pas prendre l’habitude de dédier mes victoires car je ne suis pas sûr d’arriver à garder une coupe pour moi un jour ! Toutefois, la dureté de ces victoires et toute l’énergie qu’il m’a fallu viennent en partie de mon grand oncle Henry. Agé de - 7 ans avant 100 ans, le bel âge et toujours bon pied bon oeil, mon aïeul partage avec moi la passion du sport auto qu’il a pratiqué avant d’avoir ses enfants, mes grands cousins et je lui dois une partie de ce que je suis et je lui dédie cette coupe. Elle est pour toi mon OH ! Ton Charles.

Conclusion aussi brève que significative: je réussis le plus dur et je rate le plus facile.  C’est l’histoire de ma vie!

300 IMG_1810 MSL_Fotografie.JPG
bottom of page